Je suis une Mutez nous "historique" (sympathisante depuis le mois d'août du sit-in au rectorat de Bordeaux par Valérie and Co), coincée pour la 3ème année en rapprochement avec enfants (et pour
la 8ème, en vrai) dans le 28, département déficitaire. Aujourd'hui, je baisse les bras, lasse de tout ce combat... Pourquoi ?
-parce que nous ne sommes pas entendues par notre administration, qui reconnaît très souvent, malgré tout l'absurdité du système de mutation. Dans le secondaire, j'aurais eu ma mutation depuis un
moment.
-parce que nous sommes discréditées par les syndicats majoritaires, qui ne veulent pas entendre critiquer ce système qu'ils ont choisi.
-parce que les acteurs sociaux de l'éducation nationale sont sourds également : médecin (celle qui s'occupe des conditions de travail, si si, et qui vous engueule parce que vraiment, vous
demandez la lune), assistante sociale (qui recommande de s'endetter, de filer une maladie à mes gosses ou de m'en trouver une, ou même les 3 en même temps, ça ira plus vite pour muter)
-par l'entourage qui ne comprend pas mon mécontentement de "privilégiée", protégée du chômage. Parce que je devrais être contente d'habiter là où je le souhaite, et puis, "faire la route, c'est
pas si dur à mi-temps", non, sûrement (je défie quiconque de se taper ça en hiver), et c'est aussi une moitié de salaire amputée de 6 à 9 h de route hebdomadaire.
-parce que ça me fatigue et que la route suffit amplement à le faire.
-parce que j'ai vu mes copines être mutées une par une, et que ça fait plaisir pour elles, mais que nous on reste, et que franchement, on préfère oublier.
- parce que la belle solidarité du groupe me semble être compromise par le départ des plus actives, même si j'espère que les filles qui arrivent vont recréer ce mouvement soudé et qui vraiment a
crée de belles amitiés et un soutien indéniable.
Le système reste pourri, les "pistons" sont légions. Nous sommes dans l'impasse devant ce système rouillé, inefficace qui ne respecte rien et surtout pas les fameuses priorités de la loi.
Des personnels rentrés dans mon département ne bénéficiaient même pas des priorités auxquelles je prétends, comme la plupart des Mutez Nous.
L'an dernier, 21 personnes avec un barème inférieur au mien sont entrées dans le département où j'habite, la même chose cette année.
Quand aux départements déficitaires, ils nous retiennent contre notre gré, pour garder un poste à mi-temps qui "emmerde" tout le monde : mes collègues, mon complément de temps partiel (que je ne
vois pas beaucoup, je ne viens pas mes jours non travaillés, évidemment), l'inspecteur qui trouve très ennuyeux une personne qui passe sa vie sur la route et peut rester coincée les jours
d'intempéries (comme je le comprends, le manque de remplaçant crée aussi ce genre de problème) et surtout les élèves qui ont deux maîtresses, dont une pas très étanche quand la route a été
plus dure que d'habitude.
Que ces départements soient déficitaires ne me regarde pas, je ne suis pas décideuse (enfin, je suis syndiquée et je vote pour le syndicat le plus efficace malgré tout). Qu'on trouve des
solutions me semble urgent.
Les syndicats nous ont qualifiées de "personnes qui voulaient des passe-droits". Nous voulions simplement montrer l'absurdité de ce système. Nous vivons toutes des situations difficiles
et nous n'avons pas le temps d'attendre 1 an de plus, tous les ans. Les syndicats, je les ai sollicités, ils ont juste dit que le système était comme ça. Soit, mais, ne pouvons nous pas
l'améliorer ? Alors, nous nous sommes regroupées, pensant les faire réagir.
Ils trouvent sans doute qu'il est normal de retenir les gens, de faire entrer des prioritaires plus que douteux (que vous soyez faibles ou puissants...). Et surtout de laisser les autres sur le
carreau sous prétexte de "manque de place".
Bref, je pensais que nos voix seraient au moins entendues par les syndicats qui nous représentent (je suis syndiquée depuis toujours), ils sont là aussi pour ça, je pense, relayer les difficultés
des personnels. Certains nous suivent, nous aident, admettent l'absurdité, je les en remercie.
Les autres ne comprennent pas notre détresse, je leur souhaite une mutation de leur conjoint et de subir la merde dans laquelle nous vivons pendant des années.
Voilà, je reste une Mutez Nous solidaire, mais lasse, qui demande juste LA REGULARISATION IMMEDIATE DES RAPPROCHEMENTS DE CONJOINT POUR TOUS LES PERSONNELS CONCERNES (et pas seulement les Mutez
Nous). Ceci étant tout à fait possible et n'entraînera aucunement des engorgements ou autre départements dépeuplés.
Je vous souhaite bien du courage.
Karine
Voilà à ce sujet mon échange avec le médiateur, si certaines ont l'idée de le saisir, sachez qu'il ne répond pas aux questions précises. La dernière réponse apportée laisse un goût bien amer…
MOI :
Madame la Médiatrice,
Suite à de nombreux courriers à mon administration restés sans réponse, je me permets de vous alerter sur le problème des mutations des professeurs des écoles qui laisse de nombreux professeurs
dans des situations dramatiques.
Je suis en attente de rapprochement de conjoint avec enfants depuis 3 ans.
J'ai contesté le résultats des permutations informatiques (mouvement de mars) qui laissait, à nouveau, entrer dans le département où j'habite avec ma famille, des personnels sans priorité
(conformément aux barèmes).
A ce jour, et malgré un deuxième envoi en recommandé, aucune réponse ne m'a été donnée.
J'ai participé à la deuxième phase des ineats exeats en juin. On m'a, à nouveau, opposé un refus, le 3ème.
Je vous saisis donc afin que l'administration prenne en compte les situations familiales difficiles durant depuis plusieurs années et que l'article 60 de la loi du 11 janvier 1984, pour
rapprochement de conjoint, soit enfin appliqué.
Pour ce faire, je vous joins en pièce jointes le recours que j'ai envoyé à l'administration, à monsieur le Ministre de l'Education Nationale, sous couvert de l'Inspecteur d'Académie de l'Eure et
Loir où je suis en poste. en recommandé après le résultat des permutations le 14 mars 2011.
Espérant avoir une réponse de votre part, je vous prie d'agréer, madame la Médiatrice, mes salutations distinguées.
LUI :
Madame,
Je donne suite à votre message du 21/06/11 dans lequel vous me dites souhaiter mon intervention afin que vous puissiez obtenir une mutation dans le département d'Indre-et-Loire. Professeure des
écoles en poste en Eure-et-Loir depuis 7 ans, vous demandez un rapprochement de conjoint depuis 2009.
Je suis au regret de ne pouvoir vous apporter un appui.
La DGRH m'a indiqué qu'aucune sortie du département d'Eure-et-Loir n'a pu être opérée dans le cadre des mutations, ce département étant fortement déficitaire. L'inspection académique (IA)
d'Eure-et-Loire vient de me faire savoir pour sa part que trois personnes avaient été autorisées à quitter l'Eure-et-Loire pour l'Indre-et-Loire dans le cadre des permutations : ces personnes
disposent d'un barème supérieur au vôtre.
L'IA me signale par ailleurs que votre conjoint étant lui-même fonctionnaire, il lui est loisible de présenter de son côté une demande de mutation en Eure-et-Loire, laquelle lui serait très
probablement accordée, afin de faire cesser la situation de séparation de conjoint dont vous déplorez les conséquences.
Veuillez agréer, Madame, l'expression de mes salutations distinguées.
L'adjoint de la médiatrice de l'éducation nationale et de l'enseignement supérieur
MOI
Monsieur,
Je me permets de répondre au courriel que vous m'avez adressé, Monsieur l'Inspecteur d'Académie s'étant permis de se renseigner sur mon métier et mes choix de vie, je me dois de justifier cette
réclamation à nouveau.
Je ne souhaitais pas de "conseils" concernant mes choix ou mes contraintes de vie. Cela concerne ma vie privée et familiale dont monsieur l'Inspecteur d'Académie de l'Eure et Loir ne s'est jamais
soucié, et sur lesquelles il n'a pas, il me semble, à intervenir. Et je suis assez grande pour prendre les décisions qui doivent être prises dans ma vie personnelle.
D'ailleurs à ce sujet, Monsieur l'Inspecteur d'Académie du 28 a des renseignements très précis sur la fonction publique en général, mais me semble mal renseigné sur les possibilités de mutation
des fonctionnaires en général.
Votre message, en outre, comporte des énormités que je devais corriger :
- vous expliquez qu'aucune sortie d'Eure-Et-Loir n'a été accordée dans le cadre des mutations, pour ajouter ensuite que 3 personnes en sont sorties. Je ne comprends pas votre phrase. De plus des
personnes avec un barème moindre que le mien sont sorties lors des permutations 2011. Comment expliquez vous cela ?
- Ensuite, vous ne répondez pas sur le fait que des professeurs des écoles aux barèmes moindre que le mien (32 points, donc AUCUNE PRIORITE) ont pu entrer en Indre-Et-Loire aux
permutations car venant de départements autres que l'Eure-Et-Loir. Quelles explications pouvez-vous avancez sur l'iniquité du système ?
Le département d'où je viens laisse sortir des personnes avec un barème moindre que le mien, et la Touraine où je veux rentrer laisse rentrer des personnes avec des barèmes moindres, et c'est
cela que je conteste. La loi pour rapprochement de conjoint n'est pas respectée (article 60 de la loi du 11 janvier 1984, pour rapprochement de conjoint).
Vous précisez que sa situation étant bloquée, je peux demander à être muté en Eure-Et-Loir afin que notre foyer ne soit plus séparé. Je constate que votre solution est donc que nous renoncions à
vivre dans ce département que nous avons choisi pour diverses raisons (qui me semblent légitimes), et que vous ne connaissez pas. De plus, j'ai passé et obtenu le concours de PE dans le
département d'Indre-Et-Loire où je résidais depuis quelques années (j'ai beaucoup déménagé dans ma vie et ne suis pas allergique aux changements).
Mon affectation en Eure-Et-Loir m'a été imposée par le rectorat. J'ai accepté cette affectation pensant peut-être savoir une mutation un jour. Vous confirmez donc que je n'en ai pas le droit,
malgré les textes en vigueur.
De plus, vous écrivez que mon conjoint devrait demander sa mutation vers l'Eure-Et-Loir car il l'aurait sûrement. Visiblement, vous méconnaissez la situation des autres ministères car la
suppression massive d'emploi, dont le ministère des finances dont il fait partie, est le fer de lance, complique voire anéantie toute velléité de mutation. Au cas particulier, son ancienneté
administrative ne lui permet pas forcément d'obtenir l'Eure-Et-Loir.
Enfin, je tiens à vous préciser que l'orthographe de l'Eure-Et-Loire est Eure-Et-Loir. Le Loir est une rivière alors que la Loire est un fleuve. Je tiens à vous le préciser car il est important
de comprendre que ces deux cours d'eau sont distants d'une centaine de kilomètres. Si, vous faisiez la route chaque jour comme moi, vous le sauriez.
En espérant vous avoir éclairci sur ma demande et en attendant votre réponse, je vous prie d'agréer, Monsieur, mes salutations distinguées.
LUI
Madame,
Je vous confirme les indications données dans mon précédent message et vous informe que je procède à la clôture de votre dossier dans mon service.
Veuillez agréer, Madame, l'expression de mes salutations distinguées.
L'adjoint de la médiatrice de l'éducation nationale et de l'enseignement supérieur
Karine