Des professeurs des écoles en attente de mutation qui dénoncent le système injuste de mutation. NOUS REJOINDRE OU NOUS CONTACTER : collectifmuteznous@gmail.com
Objet : Lettre ouverte à Madame VALLAUD-BELKACEM
Élèves sans professeur, professeurs sans élève, crise de la vocation, recours aux contractuels : quand les aberrations du système de mutation masquent des solutions évidentes !
Madame la ministre,
Nous vous écrivons, à la veille de la rentrée 2015, pour vous alerter sur les graves dysfonctionnements administratifs, ainsi que l’immense gâchis humain et financier que nos élèves, votre ministère et les citoyens ne peuvent plus tolérer. Cette situation est d’autant plus inadmissible dans un contexte de crise de recrutement dans l’Éducation Nationale, d’exigence d’exemplarité, et de volonté de simplification administrative.
Nous sommes un groupe national d’entraide, d’information et d’action qui milite pour que se résolvent les situations des enseignants du 1er degré en attente de mutation pour priorités légales.
Notre collectif dénonce la non-application des priorités légales de mutation telles qu’énoncées dans l’article 60 de la loi du 11 janvier 1984 mais également l’engorgement du système de mutation dans le 1er degré qui bafoue, plus généralement, le droit à la mutation pour tous.
Concrètement, nous représentons plusieurs centaines d’enseignant(e)s, qui ont obtenu le concours de recrutement de professeur des écoles après 4 ans d’études, ont été formé(e)s pendant un an, et ont pour la plupart une expérience significative du métier.
Or, parce que notre conjoint(e) a été muté(e), et que nous faisons partie des 80% d’enseignants du 1er degré qui chaque année n’obtiennent pas satisfaction suite à leur demande de mutation, nous devons faire face à l’arbitrage suivant :
Savez-vous que certain(e)s d’entre nous finissent par se reconvertir ou démissionnent, soulagé(e)s de ne plus vivre cette situation d’attente incessante, d’angoisse permanente ?
Si nous comprenons très bien que des ajustements sont nécessaires et délicats pour résoudre les différentes problématiques de ressources humaines locales, certaines solutions de bon sens, simples et efficaces, ne nous semblent jamais mises en œuvre :
Nous sommes persuadé(e)s que l’écoute et l’intelligence collective constituent les prémices du dialogue,
Nous souhaitons enrayer l’immense gâchis en cours,
Nous croyons en votre volonté réformatrice,
Plus que tout, nous souhaitons continuer à transmettre les valeurs de la République devant nos élèves, et non plus nous épuiser dans des conflits stériles contre notre administration,
Nous attendons donc de votre part, Madame la Ministre, de réelles mesures, et nous nous tenons à votre disposition.