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18 juin 2014 3 18 /06 /juin /2014 09:32

Appel du 18 juin 2014

En mémoire à un officier devenu Président de la République qui, par son courage et son insoumission devant le régime totalitaire prenant le pouvoir de la France, a su, en 1940, trouver les mots justes et ainsi motiver militaires et civils à entrer en résistance,

Nous, membres du collectif Mutez-Nous, dénonçons un système de mutation des enseignants du premier degré opaque, injuste, inégalitaire, bafouant la loi, la devise française et la déclaration des Droits de l'Homme.

« Les ministres qui, depuis de nombreuses années, se succèdent à la tête de l'Education Nationale réforment notre si beau métier.

Ce gouvernement a placé dès l'investiture du président François Hollande l'école, l'enseignement et l'éducation en pilier de son engagement.

Une des premières mesures prise a été de réduire le nombre de suppressions de postes et de professeurs des écoles prévues par le précédent gouvernement en mettant l'accent sur le recrutement.
Maitres et maitresses d'école depuis de nombreuses années, nous étions soulagés d'une telle position ; les effectifs dans les classes seraient plus propices à de bonnes conditions de travail.
Maitres et maitresses d'école depuis de nombreuses années, nous avons espéré alors une meilleure reconnaissance de nos problèmes, de nos souffrances qui détériorent la qualité de nos conditions de travail, entendu qu'un bon enseignement n'est possible que si l'enseignant va bien dans sa tête et dans sa vie.

Certes, nous sommes reçus, nous sommes écoutés, mais sommes-nous pour autant entendus ?

Maitres et maitresses d'école depuis de nombreuses années, nos carrières, pourtant bien entamées, ont été bouleversées lorsque nos conjoints ont été mutés ou obligés d'aller chercher du travail là où il se trouve !


Certains, alors, n'ont pas eu d'autre choix que de rester en poste loin de leur famille, d'autres n'ont pas eu d'autre choix que de demander une disponibilité pour rester près de leur famille ! Pour les uns comme pour les autres, le sacrifice est incommensurable et les conséquences sont catastrophiques !

Le pire, c'est que ce sacrifice n'a aucune limite dans le temps ! Les plus chanceux attendent deux longues années et les plus malheureux souffrent de cette situation depuis 6, 8 voire 10 ans !

Croyez-nous, nous qui vous parlons en connaissance de cause, le système des mutations nous fragilisent physiquement, émotionnellement, mais aussi et surtout remet en cause notre vocation ; celle-là même qui fait parfois défaut aux candidats au concours et amène la presse à parler de crise des vocations !!!


Pourtant, nous le savons, nous avons encore tant à apporter à l'école de la République ! Notre force est notre motivation à continuer d'exercer notre métier ! Notre force est la certitude de nos qualités de professeurs reconnues lors de nos inspections !


Nous, membres du collectif Mutez-Nous, nous avons entendu notre précédent ministre, Monsieur Peillon, s'engager à améliorer le système des mutations, notamment concernant les rapprochements de conjoints. Le recrutement de jeunes enseignants devait aider à notre mobilité. Si le nombre de mutation a augmenté cette année ; l'amélioration n'a pas été nette et chaque année, ce sont près de 3000 demandes de rapprochement de conjoints qui restent insatisfaites !
De fait, même si l'espoir nous quitte peu à peu, nous n'avons pas dit notre dernier mot ! L'espérance, elle, nous tient encore et nous lutterons pour enfin pouvoir enseigner et vivre près de nos familles !

Travail ou famille, nous ne voulons pas choisir !

Nous, membres du collectif Mutez-Nous, nous avons ressenti le besoin de nous unir autour d'une même détresse. Nous nous aidons à affronter les moments de doute et de désespoir. Nous partageons ensemble les joies de ceux qui sont mutés.
Mais, nous ne sommes pas seuls ! Nos représentants syndicaux se font écho de nos maux auprès de notre hiérarchie ! Nous sommes soutenus par des députés, des sénateurs. Ils partagent souvent notre incompréhension du système, surtout quand de jeunes enseignants obtiennent leur mutation dès la première année sans priorité légale dans les mêmes départements que nous demandons, nous, depuis plusieurs années pour des raisons légales – définies par l'article 60 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984.


Cette année, 33 % des mutations réalisées correspondaient à des demandes sans priorité légale !
De là à penser que dans ce processus de demande de mutation nous ne sommes pas tous égaux au regard de la loi, il n'y a qu'un pas, très facile à franchir !

Nous avons manifesté à plusieurs reprises devant les rectorats de nos régions, nous avons manifesté à Paris notre soif d'exercer notre métier correctement sans avoir à mettre en péril l'équilibre de nos familles. Nous invitons tous ceux qui connaissent ce que nous traversons à nous rejoindre ou tout simplement à prendre contact !

Demain, comme aujourd'hui, nous nous battrons à Bordeaux, à Toulouse, … pour que soient respectées notre vie familiale et notre liberté à vivre où nous le souhaitons sans avoir à sacrifier notre métier ! »

Le collectif Mutez-Nous

collectifmuteznous@gmail.com

http://mutezmoi.over-blog.org/

http://twitter.com/LesMutezNous

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Published by Le Collectif MUTEZ NOUS
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commentaires

dégoutée 19/06/2014 19:01

20 ans bientôt de carrière dont, 11 ans en ZEP, 2 ans de débutant en établissement sensible (interdit aux débutants), 5 ans de TZR dans des postes à 2 ou 3 établissements, et dans des disciplines autres....bref....et bien après 20 ans de carrière , je peux toujours rêver de choisir mon poste !!!!!! Les professeurs sont traités comme de la merde, ça pleure en salle des profs, ça démissionne chez les débutants...et moi, passionnée, suis écœurée......ça donne envie de s'investir !

Qui Sommes Nous ?

  • : Enseignants en galère de mutation...
  • Enseignants en galère de mutation...
  • : Des professeurs des écoles en attente de mutation qui dénoncent le système injuste de mutation. NOUS REJOINDRE OU NOUS CONTACTER : collectifmuteznous@gmail.com
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L'injustice du système

  Le système de mutation des enseignants du premier degré (qui a évolué en 2007/2008) présente des dysfonctionnements :

* Ce système ne respecte pas l’article 60 de la loi n°84-16 du 11 janvier 1984 modifiée relative aux statuts de la fonction publique d’état qui donne la priorité :

* Aux fonctionnaires séparés de leurs conjoints

* Aux situations relevant du handicap

* Aux fonctionnaires exerçant dans les quartiers urbains sensibles

 

* Ce système crée des inégalités de traitement selon les départements. En effet certains départements déficitaires-prison refusent de laisser sortir des professeurs en attente de mutation (avec d’énormes barèmes) alors que les départements excédentaires mutent aisément leurs enseignants. Ainsi des collègues de départements excédentaires peuvent obtenir un département avec moins de points au barème qu’un collègue demandant sa mutation en provenance d’un département déficitaire : l'argument du barème national qui est le premier qu'on nous oppose n'est donc pas respecté.

 

* Ce système ne nous permet pas de nous projeter dans l’avenir car le calibrage des postes fluctue chaque année. Nos choix ne peuvent se faire en toute connaissance de cause. Comme si nos vies se jouaient sur un coup de dés. Il n’y a aucune échéance.

 

* La suppression massive de postes dans l’Éducation Nationale, dont nous sommes les victimes collatérales, accentue les dysfonctionnements du système de mutation.

 

* Le recrutement local réduit nos chances de mutation : des stagiaires sont affectés sur des postes dans les départements où nous vivons alors que nous attendons depuis des années et que nos mutations nous sont refusées.

 

Les situations causées par la non-obtention de la mutation, sont insupportables. En effet pour la plupart d'entre nous, cela fait plusieurs années que nous demandons une mutation pour rapprochement de conjoint sans avoir de transparence sur

la possibilité d'une mutation dans les années à venir. Notre vie privée est ainsi mise en attente avec impossibilité de se projeter dans l'avenir.

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