Des professeurs des écoles en attente de mutation qui dénoncent le système injuste de mutation. NOUS REJOINDRE OU NOUS CONTACTER : collectifmuteznous@gmail.com
je suis professeure des écoles Stagiaire (Ceux dont on a parlé aux infos récemment). Je suis affectée dans le Loiret. Cette rentrée est très éprouvante pour tous les professeurs des écoles stagiaires. Mais moi, en plus de ces difficultés, je suis contrainte à vivre à 185 km de mon conjoint et de mon bébé de 12 mois. Le travail pour un débutant sans formation est énorme, tellement énorme que lorsque je rentre les week-ends, j’ai à peine une heure à consacrer à mon fils. Et lui il ne comprend pas ce qui se passe. Je suis pourtant courageuse. Mais là, ma situation me met en souffrance, tout ça parce que c’est un ordinateur qui a décidé de mon sort. Lors de mon premier message en avril, j’avais l’illusion que je réussirais à me dégager un peu de temps libre les week-ends pour ma famille. Dans les faits, je bosse 7 jours sur 7 de 7h30 à plus de 23 h pour faire mes preps. J’ai connu mon affectation à la dernière minute. Je n’ai pas un jour d’avance sur mes préparations. A cela s’ajoute une phobie de la route liée à un traumatisme, et la fatigue.
J’ai envie d’hurler que je suis humaine moi, que je ne suis pas une machine dénuée de sentiments et de limites, comme cet ordinateur qui a décidé de tout. Je rêve qu’on me laisse faire mes preuves dans des conditions acceptables.
Merci de publier également mon premier message que voici :
Message envoyé le 20/04/11
Bonjour Valérie,
Merci de ton initiative et de nous permettre de témoigner de nos situations délicates. Je suis professeur des écoles stagiaire. J'ai obtenu mon concours tout récemment, en juillet 2010, alors que
j'étais enceinte. Ce concours c'était l'aboutissement d'une reconversion professionnelle qui a duré 3 ans. J'ai d'abord terminé une licence puis j'ai obtenu ce concours du premier coup, alors que
j'étais EVS le jour et à l'IUFM en cours du soir. Bref, j'étais motivée! Mon ambition était d'accéder à ce métier qui me plait vraiment, mais aussi de pouvoir vivre auprès de mon
conjoint dans l'Indre, car ma première profession m'en empêchait déjà. Nous souhaitions un enfant, il est arrivé cette année et aujourd'hui je découvre cette galère! Je suis affectée dans le
Loiret (au mieux 177 km, au pire je ne sais pas). Mon conjoint ne peut pas me suivre pour des raisons professionnelles (un poste à responsabilité mieux rémunéré que le mien) et parce qu'il vient
d'acheter une maison. Je n'ai pas le droit de prétendre aux mutations car je ne suis pas titulaire. Il va falloir attendre et faire ses preuves! J'ai pris un congé parental, qui se termine
bientôt. Voilà maintenant, je dois entamer ma nouvelle carrière, sans formation. Mon bébé va rester avec son papa car il y a la famille autour de lui, alors que moi je ne connais personne dans le
Loiret et je ne sais même pas où je serai affectée (pratique pour chercher une nounou!). J'essaye de préparer tranquillement mon fils, de lui construire un cadre sécurisant, en
le mettant chez une nourrice extra depuis ses 4 mois. Je fais de mon mieux pour gérer cette situation. Pour se rassurer, on se dit qu'on fait ça aussi pour son avenir, on se dit que ça va durer
deux, trois ans, mais en fait on ne sait pas! On ne sait pas si ça va être si simple, on ne sait pas si le couple sera assez fort...dur, dur!