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8 octobre 2011 6 08 /10 /octobre /2011 20:59

je suis professeure des écoles Stagiaire (Ceux dont on a parlé aux infos récemment). Je suis affectée dans le Loiret. Cette rentrée est très éprouvante pour tous les professeurs des écoles  stagiaires.  Mais moi, en plus de ces difficultés, je suis contrainte à vivre à 185 km de mon  conjoint et de mon bébé de 12 mois. Le travail pour un débutant sans formation est énorme, tellement énorme que lorsque je rentre les week-ends, j’ai à peine une heure à consacrer à mon fils. Et lui il ne comprend pas ce qui se passe.  Je suis pourtant courageuse. Mais là, ma situation  me met en souffrance, tout ça parce que c’est un ordinateur qui a décidé de mon sort. Lors de mon premier message en avril, j’avais l’illusion que je réussirais à me dégager un peu de temps libre les week-ends pour ma famille. Dans les faits, je bosse 7 jours sur 7 de 7h30 à plus de 23 h pour faire mes preps. J’ai connu mon affectation à la dernière minute. Je n’ai pas un jour d’avance sur mes préparations. A cela s’ajoute une phobie de la route liée à un traumatisme, et la fatigue.  

J’ai envie d’hurler que je suis humaine moi, que je ne suis pas une machine dénuée de sentiments et de limites, comme cet ordinateur qui a décidé de tout. Je rêve qu’on me laisse faire mes preuves dans des conditions acceptables.

 

Merci de publier également mon premier message que voici :

Message envoyé le 20/04/11

Bonjour Valérie,
Merci de ton initiative et de nous permettre de témoigner de nos situations délicates. Je suis professeur des écoles stagiaire. J'ai obtenu mon concours tout récemment, en juillet 2010, alors que j'étais enceinte. Ce concours c'était l'aboutissement d'une reconversion professionnelle qui a duré 3 ans. J'ai d'abord terminé une licence puis j'ai obtenu ce concours du premier coup, alors que j'étais EVS le jour et à l'IUFM en cours du soir. Bref, j'étais motivée! Mon ambition était  d'accéder à ce métier qui me plait vraiment, mais aussi de  pouvoir vivre auprès de mon conjoint dans l'Indre, car ma première profession m'en empêchait déjà. Nous souhaitions un enfant, il est arrivé cette année et aujourd'hui je découvre cette galère! Je suis affectée dans le Loiret (au mieux 177 km, au pire je ne sais pas). Mon conjoint ne peut pas me suivre pour des raisons professionnelles (un poste à responsabilité mieux rémunéré que le mien) et parce qu'il vient d'acheter une maison. Je n'ai pas le droit de prétendre aux mutations car je ne suis pas titulaire. Il va falloir attendre et faire ses preuves! J'ai pris un congé parental, qui se termine bientôt. Voilà maintenant, je dois entamer ma nouvelle carrière, sans formation. Mon bébé va rester avec son papa car il y a la famille autour de lui, alors que moi je ne connais personne dans le Loiret et je ne sais même pas où je serai affectée (pratique pour chercher une nounou!). J'essaye de  préparer tranquillement mon fils, de lui construire un cadre sécurisant, en le mettant chez une nourrice extra depuis ses 4 mois. Je fais de mon mieux pour gérer cette situation. Pour se rassurer, on se dit qu'on fait ça aussi pour son avenir, on se dit que ça va durer deux, trois ans, mais en fait on ne sait pas! On ne sait pas si ça va être si simple, on ne sait pas si le couple sera assez fort...dur, dur! 

 

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Published by mutez nous
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commentaires

Moulin 02/01/2012 21:41

Votre blog est hallucinant et fait preuve d un grand courage.
J ai tout fait pour vous rejoindre à la rentrée 2011/2012 ; après 15 ans d expérience professionnelle, j ai passé le CAPET interne et je l ai réussi. Je pensais naïvement prendre mon poste en lycée
.... Je voulais rejoindre l enseignement par vocation .....
J ai abandonnée ..... Car j ai découvert le 24 août mon affectation pour la réunion de rentrée le 25 août et la prise de poste le 1er septembre.
Dingue ... !!! Irresponsable .....!!!
Bref, je n'avais pas fait ce choix pour quitter ma famille, mes enfants et me ruiner dans des trajets d avion, voiture, logement et bouffer des pâtes au beurre.

A la lecture de tous vos témoignages, il apparaît comme une évidence le besoin de créer un outil similaire au logiciel de covoiturage : "un site d'echanges de postes ou de rapprochement" : "mutons
nous" ..... C est possible et finalement, cela remplacerait la gestion des Rh du ministère

Allez y !!!
Bon courage

Karine 02/11/2011 11:47


Carine, des collègues des Mutez Nous ont demandé à entrer dans l'Indre sans succès comme Céline. Et nous en connaissons d'autre. L'Indre est un département demandé. Ce que l'on t'a dit est faux.
C'est juste la résultante d'une politique très frileuse de la région centre qui garde ses effectifs le plus possible au mépris de leur vie personnelle. Cette culpabilisation permanente des IA nous
la connaissons, on n'hésite pas à dire que l'on n'avait pas à muter... j'espère que vraiment tu pourras laisser ta place à nos copines qui attendent, et rentrer dans le département "maudit" des
Landes... Bon courage.
Karine, ancienne Mutez Nous, mais toujours non-mutée !


Carine Lafon 26/10/2011 08:48


Bonjour,
Je suis bouleversée par le témoignage de Julie et aujourd'hui, j'écris pour lui témoigner mon soutien.
Originaire des Landes, j'ai suivi mon mari en Corrèze (où j'ai eu le concours en candidat libre en 2000 puis liste complémentaire) puis dans l'Indre où j'enseignais depuis 8 ans. Cela faisait 3
demandes de mutations dans les Landes que je faisais mais l'an dernier, avec 10 ans d'ancienneté, 3 enfants (8, 6 et 3) et une mutation effective de mon mari (gendarme) j'y croyais ! Quand j'ai eu
les résultats, les points que je croyais suffisants n'ont eu l'air que roupie de sansonnet face à un nouveau fait (on en apprend à chaque mouvement !) : je viens de l'Indre et ce n'est pas un
département intéressant en terme de mutation !!! Comprendre : comme votre place n'intéresse personne, ça ne nous arrange pas de vous faire sortir pour intégrer un département archi demandé !
Certains sont rentrés avec 3 fois moins de points que moi, parce qu'originaire de départements plus "intéressants" ! J'ai fini l'année scolaire et vécu 3 mois en location avec mes mômes et à 6H de
leur papa, mais j'ai refusé de reprendre dans ces conditions à la rentrée ou alors c'est la famille que l'on sacrifie. Un comble, non, pour 2 agents de la Nation, l'un qui éduque et l'autre qui
protège !!! En dispo depuis septembre, c'est la galère financière. Nous avons fait construire il y a 3 ans et pas prévu que je me retrouverais sans emploi (forcément !). Faire la tournée des boîtes
d'intérim et "mendier" des heures n'est pas évident quand on arrive dans une région inconnue et que l'on laisse ses petits devant la grille de l'école... L'estime de soi en prend un coup alors que
je me sens plus que jamais performante dans mon métier ! Aujourd'hui, il parait que je suis 24° sur la liste pour entrer dans les Landes ! Au rythme des intégrations, mon mari partira à la retraite
que je serai toujours sur la touche !!! parce qu'en plus, quand on est en dispo, on perd tous les points de rapprochement de conjoint (ben, ouais, puisque tu le suis, t'as plus à te rapprocher !)
Donc, encore moins de points et encore moins de possibilité de rentrer. Et le chat finit par se mordre la queue ! Ecrire ne change pas la situation, mais ça défoule et ça fait du bien ! Bon courage
!


céline lartigue 09/10/2011 15:05


Salut
je suis dans la même situation que toi en poste dans le Loiret et habitant dans l'Indre avec une fille de 2 ans
je suis en dispo depuis 2 ans, je repars en septembre prochain...
tu es en poste où? et dans l'Indre tu habites où?

bon courage


Qui Sommes Nous ?

  • : Enseignants en galère de mutation...
  • Enseignants en galère de mutation...
  • : Des professeurs des écoles en attente de mutation qui dénoncent le système injuste de mutation. NOUS REJOINDRE OU NOUS CONTACTER : collectifmuteznous@gmail.com
  • Contact

L'injustice du système

  Le système de mutation des enseignants du premier degré (qui a évolué en 2007/2008) présente des dysfonctionnements :

* Ce système ne respecte pas l’article 60 de la loi n°84-16 du 11 janvier 1984 modifiée relative aux statuts de la fonction publique d’état qui donne la priorité :

* Aux fonctionnaires séparés de leurs conjoints

* Aux situations relevant du handicap

* Aux fonctionnaires exerçant dans les quartiers urbains sensibles

 

* Ce système crée des inégalités de traitement selon les départements. En effet certains départements déficitaires-prison refusent de laisser sortir des professeurs en attente de mutation (avec d’énormes barèmes) alors que les départements excédentaires mutent aisément leurs enseignants. Ainsi des collègues de départements excédentaires peuvent obtenir un département avec moins de points au barème qu’un collègue demandant sa mutation en provenance d’un département déficitaire : l'argument du barème national qui est le premier qu'on nous oppose n'est donc pas respecté.

 

* Ce système ne nous permet pas de nous projeter dans l’avenir car le calibrage des postes fluctue chaque année. Nos choix ne peuvent se faire en toute connaissance de cause. Comme si nos vies se jouaient sur un coup de dés. Il n’y a aucune échéance.

 

* La suppression massive de postes dans l’Éducation Nationale, dont nous sommes les victimes collatérales, accentue les dysfonctionnements du système de mutation.

 

* Le recrutement local réduit nos chances de mutation : des stagiaires sont affectés sur des postes dans les départements où nous vivons alors que nous attendons depuis des années et que nos mutations nous sont refusées.

 

Les situations causées par la non-obtention de la mutation, sont insupportables. En effet pour la plupart d'entre nous, cela fait plusieurs années que nous demandons une mutation pour rapprochement de conjoint sans avoir de transparence sur

la possibilité d'une mutation dans les années à venir. Notre vie privée est ainsi mise en attente avec impossibilité de se projeter dans l'avenir.

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