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22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 10:02

Collectif « les Mutez-nous » Le 21 mai 2012
http://mutezmoi.over-blog.org
collectifmuteznous@gmail.com


A l’attention de M. Vincent Peillon
Ministre de l'Education Nationale

 

Monsieur le Ministre,


Vous venez d'intégrer le gouvernement en tant que Ministre de l'Education Nationale, il est donc indispensable que vous ayez connaissance de la situation insupportable que subissent certains professeurs des écoles demandant leur mutation. C'est à ce titre que nous avons l'honneur de vous solliciter.
Nous sommes professeurs des écoles. Nous appartenons à un collectif «les mutez-nous». Ce collectif a été fondé par des collègues en attente de mutation depuis des années (10 ans pour l’une) et devant être séparés par des centaines de kilomètres (jusqu’à 900 km) de leur conjoint et famille à cause du système de mutation inadapté. Nous sommes malgré tout dans l’espoir qu’une issue soit trouvée face à des aberrations évidentes.


Le système des mutations des professeurs des écoles est relativement complexe :
 Une première phase nationale informatisée (sur la base d’un barème national calculé) qui permet aux enseignants de changer de département par un système de chainage et de permutations (en mars) ;
 Une deuxième phase (en juin) pour faire des ajustements


Mais le système de mutation des enseignants du premier degré (qui a évolué en 2007/2008) présente des dysfonctionnements :
 Ce système ne respecte pas l’article 60 de la loi n°84-16 du 11 janvier 1984 modifiée relative aux statuts de la fonction publique d’état qui donne la priorité :
 Aux fonctionnaires séparés de leurs conjoints
 Aux situations relevant du handicap
 Aux fonctionnaires exerçant dans les quartiers urbains sensibles


 Ce système crée des inégalités de traitement selon les départements. En effet certains départements déficitaires-prison refusent de laisser sortir des professeurs en attente de mutation (avec d’énormes barèmes) alors que les départements excédentaires mutent aisément leurs enseignants. Ainsi des collègues de départements excédentaires peuvent obtenir un département avec un barème inférieur au barème qu’un collègue demandant sa mutation en provenance d’un département déficitaire : la règle du barème national qui est le premier argument qu'on nous oppose n'est donc pas respecté.
 Ce système ne nous permet pas de nous projeter dans l’avenir car le calibrage des postes fluctuant chaque année. Nos choix ne peuvent se faire en toute connaissance de cause. Comme si nos vies se jouaient sur un coup de dés. Il n’y a aucune échéance.
 La suppression massive de postes dans l’Education Nationale, dont nous sommes les victimes collatérales, accentue les dysfonctionnements du système de mutation.
 Le recrutement local réduit nos chances de mutation : des stagiaires sont affectés sur des postes dans les départements où nous vivons alors que nous attendons depuis des années et que nos mutations nous sont refusées.
Nous vous écrivons pour vous interpeller sur les situations insupportables causées par la non-obtention de la mutation. En effet pour la plupart d'entre nous, cela fait plusieurs années que nous demandons une mutation pour rapprochement de conjoint sans avoir de transparence sur la possibilité d'une mutation dans les années à venir. Notre vie privée est ainsi mise en attente avec impossibilité de se projeter.
Face à la non-affectation dans le même département que nos conjoints, nous avons été contraintes de faire un choix:
 demander une disponibilité ou un congé parental, car il devient IMPOSSIBLE de travailler mais dans cette situation nous sommes « relégués » dans le « No Man’s Land » de l’Education Nationale car nous n'accumulons pas de points alors notre espoir de pouvoir à nouveau exercer notre métier s'éteint.


 Continuer ou reprendre notre activité à des kilomètres pour « gagner des points » mais dans ce cas nous devons faire des kilomètres quotidiennement ou mensuellement, payer un loyer, l’essence qui est devenue un luxe.
Dans ces deux cas, nos situations sont humainement insupportables :
● Sur un plan financier :
 Aucun revenu pour les collègues en disponibilité,
 Énormément de frais pour ceux qui continuent à travailler (double loyer, frais de déplacement pour rejoindre sa région à des centaines de km) et un salaire réduit pour ceux qui sont contraints de travailler à mi-temps.
● Sur un plan psychologique : Nous avons le sentiment d’abandonner notre métier pour ceux qui ne travaillent pas et d’être tributaire de nos conjoints.
Pour ceux qui travaillent, de le faire de moins en moins comme nous le souhaiterions. Comment s’occuper correctement de nos élèves après des heures de transport, ou rentrer dans son studio pour appeler son conjoint, ses enfants qui sont à des kilomètres toute la semaine?
● Sur le plan de la santé, les risques de dépression, de stress et d’accident sont évidemment très élevés. Les troubles musculo-squelettiques qui sont recensés chez les enseignants sont augmentés par la longueur des trajets. Nous sommes confrontés, de plus en plus, à un mal-être au travail.
● Sur un plan professionnel,
- un sentiment de frustration énorme pour tous ceux qui ne peuvent pas donner autant qu’ils le voudraient à leurs élèves.
- des répercussions sur le travail du conjoint.
Aujourd’hui, face à cette détresse, les "mutez-nous" ont pris de l'ampleur et se battent pour dénoncer le système de mutation.
Nous ne sommes plus en mesure d’attendre encore des années, comme nous le demande l’administration. Cette lettre n'est pas la première dans ce sens. Notre collectif et les syndicats ont déjà été reçus plusieurs fois, sur ce sujet, que ce soit dans les inspections académiques de nos départements, dans les rectorats d'académie et au ministère, par Madame Josette Théophile et Serge Fuster.
Nous attendons la prise en compte de nos situations dramatiques pour certains d’entre nous, et l’évolution du système actuel de mutations par la mise en place rapide d’un groupe de travail pour :
 Expliquer en toute transparence les raisons du piètre résultat des permutations (25,12% des participants ont obtenu satisfaction alors qu’ils étaient 37,08% en 2010)
 Faire des propositions pour le mouvement complémentaire d’exeat-ineat de juin afin d’améliorer le bilan des mutations 2012
 Faire évoluer les règles du système de mutation afin de les rendre plus justes, plus équitables et plus transparentes et respecter dès le mouvement de mutation 2013 l’article 60 de la loi n°84-16 du 11 janvier 1984 modifiée
Dans le programme de Monsieur François Hollande, l'actuel Président de la République, un souhait a été fait, celui de créer, dès la rentrée 2012, 1000 postes de professeurs des écoles. Nous espérons vivement que ce sera l'occasion pour nous d'avoir enfin notre mutation dans les départements où résident nos familles : nous ne comprendrions pas qu’on fasse appel aux listes complémentaires dans nos départements alors que nos mutations sont refusées depuis des années.
En 2010, dans son rapport annuel fait au ministre, la médiatrice de l’Education Nationale, Mme Monique Sassier, fait état des dysfonctionnements dans le système de mutation et préconise la nécessaire priorité du rapprochement de conjoint en faisant des recommandations sur ce sujet. A ce jour, le ministère n’a pas tenu compte de ce rapport concernant les mutations dans le premier degré.
Nous souhaitons pouvoir continuer à exercer notre métier dans les meilleures conditions possibles.
Nos projets professionnels et personnels sont au point mort depuis des années et nous n'avons aucune perspective sur l'évolution de nos situations. Un nouveau gouvernement nous redonne un espoir de voir évoluer nos situations. NOUS COMPTONS SUR VOUS.
Nous restons à votre disposition pour un entretien éventuel.
Nous vous prions, de croire, Monsieur le Ministre de l'Éducation Nationale, à notre profond dévouement pour le service public d'Éducation et vous prions de croire en l’assurance de notre haute considération.


Collectif des « Mutez-Nous »

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Published by Le Collectif MUTEZ NOUS
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commentaires

ste1204 29/07/2013 22:11

ben en 2013 re même galère

Karine 27/05/2012 14:03

Et merci Olivier et Yvan !

Karine 27/05/2012 14:02

Nous avons toujours été soutenu par le Snudi FO 40. En Touraine, nous sommes aussi soutenu par le Snudi FO 37 et le Snudi FO 28, et nous les en remercierons toujours. Merci Marc.

SNUDI-fFO 40 25/05/2012 07:27

Notre syndicat départemental partage le contenu de votre courrier au ministre.
LeSNUDI-FO 40 vous soutient totalement dans votre action revendicative et déterminée. Et ce depuis le début...
Sachez que vous pouvez compter sur nous pour toute aide, conseil,renseignement...

Pour le SNUDI-FO 40
Marc GUYON
Secrétaire départemental

Qui Sommes Nous ?

  • : Enseignants en galère de mutation...
  • Enseignants en galère de mutation...
  • : Des professeurs des écoles en attente de mutation qui dénoncent le système injuste de mutation. NOUS REJOINDRE OU NOUS CONTACTER : collectifmuteznous@gmail.com
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L'injustice du système

  Le système de mutation des enseignants du premier degré (qui a évolué en 2007/2008) présente des dysfonctionnements :

* Ce système ne respecte pas l’article 60 de la loi n°84-16 du 11 janvier 1984 modifiée relative aux statuts de la fonction publique d’état qui donne la priorité :

* Aux fonctionnaires séparés de leurs conjoints

* Aux situations relevant du handicap

* Aux fonctionnaires exerçant dans les quartiers urbains sensibles

 

* Ce système crée des inégalités de traitement selon les départements. En effet certains départements déficitaires-prison refusent de laisser sortir des professeurs en attente de mutation (avec d’énormes barèmes) alors que les départements excédentaires mutent aisément leurs enseignants. Ainsi des collègues de départements excédentaires peuvent obtenir un département avec moins de points au barème qu’un collègue demandant sa mutation en provenance d’un département déficitaire : l'argument du barème national qui est le premier qu'on nous oppose n'est donc pas respecté.

 

* Ce système ne nous permet pas de nous projeter dans l’avenir car le calibrage des postes fluctue chaque année. Nos choix ne peuvent se faire en toute connaissance de cause. Comme si nos vies se jouaient sur un coup de dés. Il n’y a aucune échéance.

 

* La suppression massive de postes dans l’Éducation Nationale, dont nous sommes les victimes collatérales, accentue les dysfonctionnements du système de mutation.

 

* Le recrutement local réduit nos chances de mutation : des stagiaires sont affectés sur des postes dans les départements où nous vivons alors que nous attendons depuis des années et que nos mutations nous sont refusées.

 

Les situations causées par la non-obtention de la mutation, sont insupportables. En effet pour la plupart d'entre nous, cela fait plusieurs années que nous demandons une mutation pour rapprochement de conjoint sans avoir de transparence sur

la possibilité d'une mutation dans les années à venir. Notre vie privée est ainsi mise en attente avec impossibilité de se projeter dans l'avenir.

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